.Ce soir, je me décide à t'écrire malgré que je sois consciente que tu ne pourras jamais lire. Si tu savais, j'ai tellement de chose à te dire, mais je ne sais pas si c'est le pire ou le meilleur que j'aimerai te faire parvenir. Au fait, c'est ta fille, tu sais Laura. C'est toi qui a choisi le prénom, celle à qui a hérité d'ton nom. Y'a trop de questions dans ma tête. Tu es parti, pourquoi ? Déjà, ça je ne sais pas. Parfois il y a des questions auxquelles on ne répond pas. Papa, pourquoi ce surnom sonne faux ? Dis papa, pourquoi tu n'étais pas là ? T'étais où pour mes dents de lait ? Sur cette lettre, il y a des "t'étais où ?" car t'étais loin papa, et pour ça je ne te remercie pas. T'as pas vu grandir ta fille, t'as pas su lui dire je t'aime. Et quand t'es parti, t'as pas voulu que l'on te retienne. Alors moi je fais comme si tu n'existais pas. Car tu fais parti de ces gens qui souvent n'insistent pas. Il y a toujours un vide dans nos vies, toi t'es un bide dans la mienne et dans mes lignes, t'es loin d'être un mythe. T'as fait de moi une fille sans père. Il me manquait un repère, peut-être un père derrière moi. Et quand y'a pas de père il manque quelqu'un donc y'a pas de paix. Dieu merci maman m'a élevée et même si je suis dure, ben maman m'a aidée. J'ai manqué de ton amour, ça m'a valu de me tromper ailleurs. Je pensais trouver en l'homme ce que je n'avais pas de mon géniteur. J'ai toujours demandé pourquoi ? On m'a répondu « c'est la vie » donc je la poursuis. Trop naïve je croyais ce qu'on m'disais, une maladie et un jour j'ai compris, maman m'a tout dit. Je n'imagine même pas. Tu es parti et tu ne m'as rien laissé, putain si j'avais su je t'aurais dit ne me laisse pas, j'étais trop jeune je savais pas. J'aimerai pourtant plus t'en vouloir, à l'inverse de mon c½ur. Il reste une ranc½ur intérieure, avoir juste un géniteur. Parait que j'ai grandi, mais il ne faut pas croire que j'oublies. Je sais qu'il y a des gens qui vivent la même chose que moi, je sais que y'en a qui savent ce que c'est que de vivre dans le noir. Les victimes d'un abandon, d'un divorce ou d'un décès, en bref ceux qui vivent avec le c½ur blessé. Blessée à l'intérieur, une cicatrice sur le c½ur. En tout cas, si de là haut tu me vois, j'espère qu'au moins tu veilles sur moi.